Techniques du Son
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Par Michelle Davène le 20/03/2008
Les bases de l'acoustique : la hauteur (I)
Les précautions à prendre

Pitch d'une platinePitch d'une platine vinyle

Les opérations de traitement durée/fréquence doivent être manipulées avec précautions, ne serait-ce que parce que la quantité de données éditées peut être importante et que cela influe sur les aptitudes de stockage de nos équipements. On devra donc parfaitement mesurer les tenants et aboutissants avant de se lancer. Et il y a des ‘loupés’. Exemple d’un pitch shifting non souhaité : le ré-échantillonnage. Sans précautions particulières, passer un enregistrement audio de 44 kHz à 48 kHz va induire une distorsion de hauteur de plus d’un demi-ton !

Dans tous les cas où on agit sur le rapport temps/fréquence, on crée une distorsion des paramètres audio du signal d’origine. On sait que le contenu harmonique et que la présence de partiels d’un son sont spécifiques de la note jouée, ne serait-ce que parce que le dosage entre le signal entretenu et le transitoire d’attaque sont caractéristiques de chaque note : si l’on analyse en détail la structure d’une note aiguë et d’une note grave de piano, on constatera que la proportion dans le son final entre choc du marteau et résonance de la corde est bien différente. Si l’on ‘dé-pitche’ un signal en pitch shifting, on aura un ‘clone’ aigu de la note grave, par exemple, mais pas une ‘vraie’ note aiguë… D’où la nécessité du multi-sampling dans une banque d’échantillons : on ne peut se satisfaire d’un seul exemplaire, aussi bon soit-il, en le désaccordant pour produire toutes les notes… De même, modifier la vitesse de restitution d’un fragment sonore numérisé n’est pas sans risques : on va évidemment compresser les transitoires et modifier le développement des harmoniques, au point d’en modifier significativement l’identité ; en ‘compressant’ temporellement, ça peut parfois rester acceptable. Dans l’autre sens, il faut systématiquement oublier… Tout cela pour conclure sur le fait que si le pitch shifting et le time stretching sont deux fonctionnalités remarquables du traitement numérique du signal, il faudra les limiter, pour rester crédible, à des utilisations de ‘rattrapage’ minimes : au-dessus de 10 à 15 % de correction, on détériore trop le signal…