Techniques du Son
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Par Los Teignos le 16/06/2006
Back to school ! (Visite de la SAE Paris)
La formation
Quels sont les critères pour entrer à la SAE ?

François : Officiellement, tu peux difficilement te passer d’un niveau bac car il y a des connaissances à avoir en électro et en maths qui sont du niveau Terminale Scientifique… D’une façon plus officieuse, un ingé son en séance ne passe pas son temps à faire des calculs : son premier outil de travail, c’est sa culture technique : savoir où placer tel micro pour prendre le son de tel instrument, et ça, c’est plus une affaire d’expérience que de connaissance scientifique. Du coup, on a certains étudiants qui n’ont pas forcément la bagage suffisant pour comprendre les démonstrations trigonométriques sur la microphonie, mais qui compensent grâce à leur expérience et leur oreille. Inversement, on a des étudiants qui sortent de S ou de Maths Sup, Maths Spe parce qu’ils ont voulu tenter Louis Lumière (16 places pour 400 concurrents) et qui ne seront pas aussi à l’aise en pratique.

Y-a-t'il des possibilités d'équivalence avec le système scolaire classique ?

Pour avoir une équivalence universitaire, il faut évidemment être titulaire du Bac (n’importe lequel). Il y a ensuite un système d’homologation avec l’université Middlesex de Londres. Par ce biais, le diplôme ‘Bachelor of Arts’ que nous préparons équivaut à un bac + 3, ce qui permet de faire jouer le systèmes de points ECTS reconnus par l’Education Nationale (notez qu’il est même possible de poursuivre jusqu’au niveau doctorat à la SAE). Il n’y a donc aucun problème pour compléter sa formation au sortir d’une formation SAE, et un titulaire du Bachelor of Arts peut tout à fait s’inscrire dans une Fac pour compléter sa formation au niveau maîtrise par exemple…

Le Système Européen de Transfert de Crédit

La validation internationale des diplômes et des formations repose, au sein de la Communauté Européenne, sur un système de crédits communs, appelé ECTS (Système Européen de Transfert de Crédits - European Credits Tranfer System). Les crédits ECTS obtenus sont capitalisables et transférables, par exemple dans le cas d'un parcours d'études à travers plusieurs établissements européens.

Extrait du site http://www.edufrance.fr/

Y a-t-il des échanges entre les différentes écoles SAE ?

François : Effectivement, on peut très bien commencer une formation dans l’une des 47 écoles SAE pour la finir dans une autre tandis que certaines formations (le journalisme notamment) s’accompagnent de stages en entreprise à l’étranger : dans la ville où se situe une école , évidemment. Et quand c’est à Byron Bay, notre école phare en Australie, avec ses 31 studios, sa centaine de stations individuelles et ses 100 000 m², et son campus à l’américaine en bord de plage, inutile de dire que la chose est plutôt agréable…

En fait, il faut bien comprendre que la SAE tourne autour de 2 ou 3 idées centrales : celle de former des gens qui soient efficaces dès leur sortie de l’école, ce qui implique des équipements et des intervenants de qualité, mais aussi celle que nous sommes dans une industrie où la créativité et la culture sont extrêmement importantes. Sur ce point, en dépit de cours consacrés à la culture musicale, la diversité culturelle des étudiants de la SAE suffit à elle seule à s’ouvrir à d’autres horizons créatifs. D’autant que la SAE a un pied dans de nombreuses parties du monde, dont le Koweit et les Emirats des Arabes Unis, les deux pays les plus occidentaux du Moyen Orient.

Vous pensez d’ailleurs vous implanter dans d’autres pays du monde, sur d’autres continents ?

François : Ca fait partie de nos projets bien sûr, dans la limites de certains facteurs géopolitiques : le premier critère pour monter une école SAE dans un pays, c’est la stabilité économique et politique de son régime…

Mike : Il faut savoir aussi que les chinois nous ont demandé 40 centres de formations pour leur territoire… Sur ce point, nous devrions plutôt créer un grand campus capable d’accueillir 3000 à 4000 étudiants.

Une formation SAE coûte-t-elle la même chose partout ?

François : Globalement oui, même s’il y a des ajustements en fonction du niveau de vie de chaque pays. Par exemple, Paris, Londres et New York sont à peu près dans les mêmes prix, à 10 % près…

On dit que les tarifs pratiqués par la SAE sont chers. Que peux tu dire à ce sujet ?

François : Ca m’énerve que les gens ne regardent pas les tarifs qui sont pourtant disponibles sur le net : certaines écoles offrent des formations sur 3 ans à 6500 € l’année, quand nos formations d’Eudio Engineer sont proposées à 10 000 € sur 12 mois en temps complet, et 8500 € sur 21 mois en temps partiel. Et précisons que le Bachelor of Arts, reconnu par la Middlesex University, coûte quant à lui 8500 € + 6000 € pour 33 mois de formation.

Mike : Pour compléter cela, j’attire votre attention sur le fait que l’enseignement public n’est pas si gratuit qu’on veut bien le dire… Un étudiant qui fait 5 ans de philosophie après le bac doit se loger 5 ans, se nourrir 5 ans, ce qui finit par coûter cher…

François : Par rapport à l’enseignement, les français et les anglo-saxons n’ont clairement pas la même culture : d’un côté, les français sont habitués à la gratuité du service public, de l’autre les anglais trouvent ça normal de payer pour apprendre. L’avantage de ce système, c’est qu’il a un impact non négligeable sur le contexte et le contenu de la formation : c’est vrai pour le matériel mais c’est aussi vrai pour les formateurs, car en plus de nos professeurs réguliers qui dispensent des cours fondamentaux sur la prise de son, la microphonie, etc., la SAE s’attribue aussi les services d’intervenants qualifiés, tel Jean-Pierre HALPOIX qui bosse énormément pour le cinéma et fait de la formation à l’INA pour la postprod, mais aussi Alan Parson, DJ Muggs, Roger Nichols, Eric Shilling, Desmond Child qui ont vendu 200 millions de disques à eux 5.

C’est ce qui m’énerve parfois quand j’entends ça et là dire que la SAE est une boîte à fric : pensez vous sincèrement qu’un établissement issu de l’enseignement public puisse vous amener Alan Parson comme ça ? Il y forcément des sommes considérables en jeu pour pouvoir proposer ce genre de choses…

Comment approchez vous les gens comme ça ?

François : C’est 30 ans de construction Lego. Tu mets une brique après l’autre et tu lèves des opportunités comme ça. Il y a ainsi pas mal de gens qui sont passé par la SAE… José Cotto par exemple, est un étudiant de la SAE Miami et cela fait deux années consécutives qu’il gagne un Grammy Award aux Etats-Unis : meilleur producteur et meilleur ingé son… En France, je pourrais aussi te citer Philippe Amir qui est l’ingé son d’IAM ou encore Martiano qui a été assistant du son pour Obispo pendant deux ans, ou encore Lagatta qui fait Johnny Hallyday au Stade de France.

Sur la formation Engineer, le temps partiel semble presque plus intéressant que le temps plein ?

François : Ca dépend de tes objectifs et du temps que tu es prêt à consacrer à ta formation mais c’est vrai que ça permet de faire de l’alternance et ça te laisse du temps pour digérer ce que tu apprends. Et surtout, quand tu es un vrai ‘mort de faim’, tu peux faire en temps partiel beaucoup plus d’heures qu’en temps complet. Pourquoi ? Parce qu’en dehors des 5 heures hebdomadaires de cours théoriques, le reste c’est de la pratique. Et la pratique s’organise simplement : tu disposes d’une carte qui permet de réserver un studio sur un planning, en sachant que l’école est ouverte 16 heures par jour, 6 jours sur 7… S’il y a bien sûr une répartition équitable de ces possibilités de réservations, ce sont toujours les plus motivés qui en jouissent le plus, profitant de ce qu’un étudiant n’est pas venu à la séance qu’il avait pourtant réservée.

Quelles sont les chances pour les diplômés de la SAE de trouver ensuite un emploi ?

François : Elles sont excellentes pour ceux qui finissent leur formation (95 %) mais il faut bien comprendre que la SAE ne mène pas qu’à la carrière, tant convoitée, d’ingénieur du son en studio…

Si le talent et le génie ne s’apprennent pas, la SAE ne peut pas non plus peser sur le marché du travail dans le petit monde de l’audio. Tout le monde rêve de vivre de sa passion et on comprend aisément que des jeunes ambitionnent de devenir ingé son plutôt que de suivre une voie de garage dans laquelle ils ne s’épanouissent pas. Reste que les places sont chères et que s’il y a beaucoup d’appelés, il y a en définitive peu d’élus. Je suis d’ailleurs assez fier du discours très clair que nous tenons à ce sujet à nos étudiants.

Les mecs viennent plein de rêve et si cette passion est un formidable carburant pour l’apprentissage, elle est loin de suffire car il semble bien qu’à notre époque, la passion se transforme difficilement en force de travail, en investissement personnel (et je ne parle pas d’argent à ce niveau, mais bien d’implication, de rigueur). A la fin, seule une poignée se donnent vraiment les moyens de réussir : comme je le disais précédemment, j’ai vu des étudiants dormir devant un studio dans l’espoir que celui qui l’avait réservé ne se pointerait pas. Et c’est en général ceux-là qui réussissent…

En revanche, il faut bien comprendre que la formation dispensée par la SAE ne conduit pas qu’aux carrières d’ingé son. Chez nombre de distributeurs ou de constructeurs de matériel audio réputés, on trouve des gens qui sont passé par la SAE. C’est le cas chez JukeBox, Sennheiser France, Audio Addict ou encore Innovason…