
Par Will Zégal (was billyboy) le 03/03/2006
Méthodes de travail
9. Travailler lentement
Lorsqu'on travaille un morceau, ce n'est pas la peine de chercher à le jouer tout de suite au tempo définitif, bien au contraire… En travaillant lentement, voire très lentement, présente bien des avantages :
- Toute erreur est beaucoup plus audible.
- On entend beaucoup mieux ce que jouent les autres.
- On peut plus facilement swinguer.
Quand je parle de travailler lentement, c'est au moins 16 ou 20 BPM en dessous du tempo de base, voire plus ! Au début, vous allez trouver cela extrêmement difficile mais dites-vous bien que vous ne faites alors qu'entendre les erreurs et imprécisions que vous faites de toutes façons lorsque vous jouez au tempo, sauf que vous ne vous en rendez pas compte alors.
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Vous verrez que si vous maîtrisez bien le morceau à un tempo très lent, vous arriverez facilement à le maîtriser à un tempo rapide. Mais pour que ceci soit valable, il faut…
10. Jouer souvent avec un métronome (ou un clic)
Cet aspect est très important, surtout lorsqu'on joue lentement. Seul le métronome vous dira si vous êtes bien dans le temps et si vous n'accélérez pas ou ne ralentissez pas sur certains passages. Ces accélérations et ralentissement sont un grand classique, de même que les temps bouffés. Ce sont généralement des notes où, pour une raison x ou y, une noire se transforme par exemple en croche pointée.
Pour les chasser, il faut parfois faire une véritable recherche. N'hésitez pas à laisser chacun jouer seul sa partie sur le clic et à l'arrêter dès qu'on relève une variation pour qu'il repère où il se plante. S'il s'agit d'un groupe avec batteur, logiquement, seul ce dernier devrait avoir le clic, tout le monde se calant sur lui.
C'est cependant un point discutable, car les batteurs sont autant que les autres musiciens sujets à des erreurs de tempo. Ce genre de choses dépend du niveau du musicien, pas de son instrument.
11. Enregistrer !
Ce point est essentiel. La plupart du temps, seul l'enregistrement permet d'écouter sa propre musique avec une oreille "extérieure". Lorsqu'on joue, on est concentré sur ce que l'on joue et un groupe qui ne s'enregistre jamais prend généralement une sacrée douche froide le jour où il fait son premier enregistrement. Pour éviter ça, enregistrez donc régulièrement les répétitions.
Cela permet :
- de s'entendre soi-même avec du recul.
- d'entendre distinctement ce que font les autres.
- d'entendre comment sonne le groupe.
- de repérer tous les pains, imperfections et les mauvais choix de sons ou de tessiture ("Tiens, le clavier est bien sur ce passage, mais ça bouffe complètement la basse alors qu'il n'y a plus rien dans les médiums").
Enfin, l'enregistrement est le moyen idéal pour faire des choix lorsqu'on hésite entre plusieurs solutions. Il n'est pas rare de voir des groupes ergoter pendant des heures pour savoir si tel tempo est mieux que tel autre, si la guitare est mieux en son clair ou en saturée, s'il faut lui mettre un son de chorus, si le son de clavier est bien ou pas (voir le point sur les discussion en répétition)… Enregistrez les différentes hypothèses et écoutez-les : en général, la meilleure solution saute aux yeux de tout le monde.
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Pour s'enregistrer, il faut des moyens techniques mais ce n'est pas non plus la peine de sortir l'artillerie lourde : un ordinateur n'est pas nécessaire pour enregistrer une répétition. Quelques moyens simples suffisent :
- Mini disc: c'est assez facile à gérer et pas cher
- Simple platine à cassette : on trouve aujourd'hui dans les brocantes et dépôts-ventes d'excellentes platines de salon à 5 ou 10 €, voire d'anciennes platines de studio à 10 ou 20 euros.
- Enregistreurs sur mémoire flash ou à disque dur : souvent, les juke-box mp3 ont une fonction d'enregistrement. Cela fera l'affaire si la mémoire offre un temps d'enregistrement suffisamment long.
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Point important : chacun doit avoir son enregistreur avec soi. L'idée qu'une personne enregistre et diffuse ensuite au autres est dans 90% des cas mauvaise. En effet, cela fait du travail pour la personne concernée et, si elle est trop prise, les enregistrements risquent d'être attendus. Si chacun a son matos, il repart de la répet avec ses enregistrements et basta.
Bien sûr, l'idéal est d'avoir un ordinateur, chacun venant avec sa clef USB. On enregistre, on encode en mp3 et chacun repart avec son truc. La personne qui a enregistré peut aussi mettre la répet sur un FTP. Mais cela implique que chaque membre soit informatisé et connecté au net.
Dans tous les cas, gardez des solutions simples pour pouvoir vous concentrer sur la musique sans être mobilisé par la technique. J'ai souvent enregistré des répétitions avec un mini-disc et un micro d'ambiance. C'est largement suffisant.
Que faut-il enregistrer ?
Il n'est pas nécessaire d'enregistrer 2 ou 3 heures à chaque fois. A quoi bon ? La chose prendra beaucoup de temps à réécouter, temps qu'il vaut mieux consacrer à travailler.
Il faut donc enregistrer :
Différentes versions d'un morceau (ou même d'un passage)
quand il y a un doute, un choix à faire.
Un morceau avec un minimum d'avancement, dont la structure tient suffisamment
la route pour qu'il soit joué du début à la fin.
Inutile d'enregistrer des suites d'arrêts de jeu !
Le bœuf final.
De temps en temps, enregistrez la partie 1 de la répétition, histoire notamment de juger de l'avancement et de la maîtrise du répertoire.
L'enregistrement permet enfin de vérifier plus ou moins l'équilibre des instruments. J'ai déjà vu des guitaristes déclarer, à l'écoute d'un enregistrement de répétition, "ma guitare est trop forte". CQFD.
Et à ce propos…
12. Ne jouez pas trop fort
Même si vous faites de la musique énervée, c'est un point très important. Un son trop fort :
- agresse les oreilles et nuit à la bonne écoute de soi-même, des autres et de l'ensemble.
- noie les pains dans la masse sonore et empêche le travail de précision (n'oubliez pas : carré).
- ne permet pas non plus un bon travail sur le son.
- rends la répétition très fatigante (le bruit est un des plus importants facteurs de fatigue), donc plus pénible et surtout moins efficace.
- est dangereux pour les oreilles (voir encadré)
Avez-vous remarqué que ce sont souvent les groupes médiocres qui, en concerts, envoient un trop plein de décibels ? Les bons groupes, eux, n'ont généralement pas besoin de ça pour emmener le public dans leur monde, même s'ils font de la musique très énervée. Cette histoire de niveau de jeu est valable à l'échelle du groupe comme de chacun de ses membres. Certains ont en effet la main lourde sur le potar de volume. Bien sûr, il faut un minimum de son car on a besoin "d'être dedans". Mais il faut aussi garder une certaine mesure.
A noter qu'un batteur, à moins qu'il ne soit de vraiment bon niveau, a souvent du mal à assurer un bon groove s'il doit trop retenir sa frappe. A vous de vous organiser, donc. Evitez par exemple, si le local le permet, d'être placé de telle façon que vos oreilles soient au niveau de la charleston ou d'une crash.
Pensez aussi à surélever les amplis. Parfois, guitaristes et bassistes expliquent un trop fort volume par le fait qu'ils ne s'entendent pas. Mais ils ont l'ampli posé à terre et sont debout juste devant. A ma connaissance, personne n'a les oreilles dans les mollets ! Par contre, la diffusion sonore fait que les autres membres en prennent plein les oreilles. En mettant les amplis en hauteur et en les orientant judicieusement, on résout souvent beaucoup de problèmes de niveaux. De même, si vous jouez avec une sono, positionnez les retours avec application. Prenez bien le temps de régler ce point car il sera essentiel au plaisir que tout le monde aura à répéter et pour la qualité de jeu.
Une solution peut aussi être de répéter au casque. A une époque où beaucoup de guitaristes et bassistes jouent sur des simulateurs d'amplis type POD, c'est à la fois facile et presque logique. Un bon ampli casque, quelques casques corrects… ça coûte moins cher qu'une sono et chacun peut avoir le volume qu'il souhaite, voire même, dans certains cas, un mix personnalisé…
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